De graphiste-végane à graphiste-végane-coureuse: le parcours d'Anne-Marie



Cette entrevue a pris place en avril 2021 alors qu'Anne-Marie venait de terminer son premier 6 mois d'entraînement.

 

Isabelle: Ça fait 6 mois que tu t’entraînes et en 2021 tu as accomplis de supers résultats avec ton projet d’entraînement. Je voulais que tu nous parles de ce qui t'a amenée à commencer à t’entraîner.

Anne-Marie: La vie passe, on n’a plus 20 ans et je suis graphiste, donc travail très «ordi», très prenant pour le cou et le dos, J’ai des problèmes de cou et de dos depuis que j’ai 20 ans et j’en ai maintenant 44. L’usure s’installe.


Ça faisait longtemps que je me disais qu'il faudrait que je me mette en forme.

Je n’ai pas un background de sportive du tout. Ce n'était pas dans mon éducation et nos activités quotidiennes en famille. Même si j’ai eu des initiatives de m'inscrire, par exemple, dans l'équipe de volleyball au secondaire, je ne suis pas et je ne me suis jamais considérée comme une sportive. J’ai eu des moments où j'étais plus en forme et moins en forme, mais ça a toujours été un yo-yo.

Je m’intéresse beaucoup à l’alimentation, je suis végane depuis 8 ans, mais malgré tout je sentais dans mon corps que je prenais du poids, je n’étais pas en forme, je n’avais pas d’énergie. Donc je me suis dit qu’il était à peu près temps. J’ai aussi eu le réflexe de penser: quand tu as un problème, que ce soit avec ton auto ou autre, quand tu as besoin d’un service, tu vas le chercher. Comme je n’ai jamais aimé les gyms parce que je m'y sentais toujours comme en cours d’éduc, c’est là que je t’ai contactée.

Isabelle: En entreprenant ce projet, parle-nous de ce que tu as réussis à accomplir dans les 6 derniers mois.


Anne-Marie: J’ai perdu beaucoup de poids! Au-delà de 40 lbs. J’ai beaucoup plus d’énergie et de motivation en général. Je dirais même que ça a un impact sur mon organisation générale au travail et dans la vie. Je suis plus connectée à tout ce que je peux entrer dans un agenda, ça aide à me structurer. Au-delà de la perte de poids, de l’énergie, je gagne aussi en qualité de vie.

Isabelle: De quoi es-tu le plus fière dans ton parcours jusqu'à présent?

Anne-Marie: La conscience et la connexion avec mon corps. On a beaucoup travaillé là-dessus ensemble. C’est comme s'il manquait quelqu'un qui regarde assez profond dans mes habitudes pour me dire: «Hey, je pense qu’il manque un maillon».


Ce dont je suis le plus fière, c’est d’avoir réconcilié mon cerveau «de tête» avec mon cerveau «de corps». Je réussis à faire le lien entre les deux. Par exemple, maintenant je le sens quand j’ai faim, alors que toute ma vie, enfant et adulte, j’ai mangé par gourmandise et réconfort, manger pour manger. Avec le suivi qu'on a fait ensemble, ça m’a poussée à donner de la place à mon corps. J’en prends soin à un niveau où je n'en ai jamais pris soin. Ce que je lui donne, le faire bouger, le faire travailler... ce qui est bon pour lui est pour moi ultimement! C’est vraiment ça, la réconciliation entre la tête et le corps.


C’est hyper précieux parce que ça me donne confiance dans les prochaines étapes, dans le fait que je ne reprendrai pas 40 lbs, que je serai plus à l’écoute de mon corps. Même si j’ai des stretchs où je serai plus occupée ou stressée, je sais que je ne l’oublierai pas complètement.

Isabelle: C’est quelque chose qui fait tellement partie de toi que tu sens que tu as tourné la page. Ça aura pris 6 mois, mais justement… seulement 6 mois pour dire que la vie avant et la vie après est complètement différente!


Anne-Marie: Ce n’est pas beaucoup 6 mois pour tout ça! En ce qui me concerne, je t’aurais dit que c’était bien plus le travail de plusieurs années de gagner cette confiance-là et on a réussi à le faire en juste 6 mois! Ce n’était même pas dans les objectifs au départ, mais c’est le travail conjoint qui a vraiment provoqué cette prise de conscience.

Isabelle: Comment as-tu atteint d’aussi bons résultats compte tenu du contexte de pandémie dans lequel tu te trouvais?


Anne-Marie: En fin de de première vague [août 2020], j’avais une fenêtre où j’étais moins à la course et je me suis dit que ce serait un bon moment pour structurer ma vie autour d’une mise en forme. Je l’ai vu comme une opportunité pour me donner cet espace et ce temps-là consacré à moi.


En tant qu’enseignante, ça a été de planifier des moments hors-cours et faire fitter mes journées avec des séances d’entraînement. Donc le premier 6 mois, j'y ai mis beaucoup de structuration. Maintenant, l’objectif est d’atteindre quelque chose de régulier dans ma vie pour toujours. Les prochains mois seront une nouvelle étape de découverte parce que comme je te disais, je ne me suis jamais considérée comme une sportive, mais maintenant, j'en AI plus d’énergie et de force, j’ai même du fun à faire des burpees!


Je pense que peu importe le contexte, il faut se choisir, décider de le faire et choisir sa santé pour embarquer là-dedans. Donc oui, même si le contact s’est avéré plutôt favorable pour moi, j'aurais néanmoins fait le saut quand même.

Isabelle: Quel est ton meilleur conseil pour quelqu'un qui veut se mettre en forme?

Anne-Marie: Sincèrement, aller chercher de l’aide (rire)! On grandit avec l’idée que ça devrait être là naturellement, être en forme, et on a tellement de pression à être productif et avoir une vie bien remplie, les enfants, etc. Si ça fait un bout de temps et que tu as de la misère à y arriver par toi-même, pourquoi attendre! Pourquoi ne pas aller chercher de l’aide.


Un autre conseil, c'est d'être indulgent et généreux envers soi-même, ne pas se mettre la barre trop haute. On voudrait déjà être rendu au bout, mais ce sont les petits pas, les petites choses qui vont faire la différence à long terme.

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