Une yogi aux Bahamas: éloge au yoga et réflexion sur sa pratique



L'intention dans la pratique


J’ai toujours trouvé qu’il y avait un problème à terminer ses semaines brûlée et à manquer d’énergie pour faire quoi que ce soit jour après jour. C’était (et c’est toujours) mon problème. J’ai commencé à m’intéresser davantage au yoga plus par nécessité que par curiosité spontanée. Sa réputation de pratique énergisante pour le corps et l’esprit semblait m’indiquer que mes maux d’âme seraient mieux servis les yeux fermés, sur un tapis, aux vibrations du son «Om». C’était surtout la caractéristique de se ralentir la vie qui m’interpellait quand j’ai décidé de m’y initier plus sérieusement au mois de septembre.


Le mot «sérieusement» n’étant pas le plus représentatif de mon approche, j’aurais plus tendance à dire que j’ai décidé de m’intéresser à ma pratique et non plus de la survoler uniquement sans vraiment y plonger. J’étais passée par ce stade déjà auparavant et à présent, les paroles que j’entendais, les endroits où on cherchait à m’amener et les poses qu’on me proposait de prendre ou d’exprimer ne me semblaient plus excentriques ou particulières et même, j’avais l’intention de vraiment tenter de les comprendre et de les intégrer.


Peut-être que ma façon de vous décrire l’intention de ma pratique vous semble un peu poussée. Tant mieux si c’est le cas, puisque le yoga est exactement à propos de ça: pousser plus loin dans la sensation du corps et la recherche de connexion avec la conscience de l’esprit. Quand on vous dit «ici et maintenant»… un concept dont je savais que j’avais besoin pour avoir un semblant d’équilibre dans ma vie et mon énergie, mais qui manquait encore à être appliqué tout simplement parce que j’ignorais comment. Par chance, j’ai trouvé le yoga, l’essence même du ici et maintenant par définition.



Le travail accompli par le yoga


Trois paragraphes et je ne vous ai même pas encore parlé de l’activité renforçante et bénéfique à votre flexibilité et votre forme physique! Elle l’est sans l’ombre d’un doute, mais mon séjour à l’ashram me l’a montrée sous un autre jour; je veux l’aborder plus comme une pratique spirituelle (n’ayons pas peur des mots, je n’ai pas dit religieuse!) que comme un workout. C’est de cette façon que la culture dont elle émerge s’en serre et je trouve cela certes un peu ésotérique, mais fascinant!


Le yoga nous apprend à porter notre attention en nous. Nous finissons nos journée et nos semaines à bout de souffle parce que nous sommes tous plus ou moins susceptibles aux choses qui se passent à l'extérieur de nous-mêmes et qui sont génératrices de stress. Elle font parfois en sorte que nous nous perdions dans qui nous sommes et ce que nous voulons. Quand on arrête le tourbillon de nos vies de travailleurs ou d'étudiants et que nous prenons cette position du nom de savasana (voir la dernière photo), l'endroit vers lequel le yoga nous dirige, à nous concentrer sur notre respiration et détendre toutes les tensions de notre corps, est cet état pur de qui nous sommes. Là où il n'y a pas de stress, pas de deadlines, pas de comptes à rendre. Où l'important est d'ÊTRE.


C'est la plus belle pratique pour se détacher des événements de nos vies à 100 miles à l'heure.


Le yoga se veut tout, sauf un endroit où performer. On est à des millénaires de l’environnement dans lequel la majorité d’entre nous vivons à tous les jours et ça fait du bien. En expérimentant une approche alternative, tu découvres que la vie peut être menée autrement qu’en valorisant ce que ton corps a l’air ou ce que tu es capable de faire, ou encore en te préoccupant de toujours devoir repousser tes limites et chercher la performance à tout prix.


Je suis kinésiologue et j’ai fait du sport la majeure partie de ma vie, donc il va de soi que je ressens le même satisfaction et la même fierté de pousser mon corps et de m’amuser avec son potentiel que tous ceux que je côtoies au gym. Ce ne sont pas de mauvaises valeurs, au contraire, mais parfois elles nous dépassent et nous mènent dans un état constant de devoir être plus et toujours mieux que ce que nous sommes, grâce à cette fameuse version de soi qu’est l’ego.


Il n’y a pas d’ego dans le yoga. Ce n’est pas sa place et les instructeurs se doivent de vous le rappeler constamment.


Intégrer le yoga dans sa routine

Je vous invite à participer à une séance de yoga dans votre semaine et à expérimenter l’approche différente dans laquelle elle vous guide. Comme dans n’importe quoi, tout est une question d’équilibre et une telle pratique n’est pas nécessaire à tous les jours pour en sentir les bénéfices. Tout comme une bonne course ou une bonne musculation ne sont pas nécessaires à tous les jours non plus. La variété est à favoriser pour travailler les aspects multiples de votre condition physique et de votre bien-être.


Si vous êtes soucieuses de vous en tenir à votre plan serré d’entraînement, prenez une demi-heure dans votre journée de repos pour intégrer cette pratique puisqu'elle bénéficiera votre entraînement actuel en régénérant votre corps et en l’amenant à s’allonger et à se détendre. Je vous recommande aussi de choisir une école spécialisée en yoga au lieu de centres multi-sports pour une immersion plus complète à la pratique traditionnelle.


Om Shanti ૐ


Source photo: www.sivanandabahamas.org

© 2020 Isabelle St-Jean Kinésiologie